Engagez-vous rengagez-vous ?

Pourquoi écrire? Pourquoi jouer, pourquoi chanter, pourquoi peindre, ou dessiner?

Je me pose la question classique et rabattue de l’engagement artistique. Ou plutôt du désaccord crucial entre volonté d’engagement et non-engagement. Désaccord entre Victor Hugo et Baudelaire, différence fondamentale entre toi et moi. Baudelaire s’est moqué de la naïveté de Victor Hugo, j’admire la tienne. « Je n’ai jamais dit l’art pour l’art » a déclaré Victor Hugo. Pourtant Baudelaire non plus ne l’a jamais dit. Mais il ne croyait pas, il n’avait pas la foi de son maître. Pour cela l’entente entre eux n’a jamais été possible.

Duras se distingue du Nouveau Roman car même si elle adopte peut-être d’une certaine manière leurs « théories » formelles, elle ne s’interroge pas sur l’Homme ni sur l’Histoire. Duras nous parle d’amour. Duras nous parle. Simon, Robbe-Grillet ne nous parlent pas, ils nous inquiètent, nous questionnent.

Le mouvement artistique de L’art pour l’art vise à révolutionner l’art lui-même. Il y a donc une forme d’engagement dans la démarche. Il y a combat.

Tu veux faire avancer le théâtre. Tomber au fond du trou, souffrir pour changer les choses changer le monde.

Je ne crois pas en l’avancement au progrès. Alors pourquoi est-ce que j’écris?

Je déclarais écrire pour être lue. Je ne sais plus.

Si ce n’est pas un don, un besoin un devoir, qu’est-ce que la création?

L’écrivain a beau raconter des histoires, il fait partie d’une Histoire, d’une culture, d’une époque. La définir, en tenir compte, l’ignorer, la dissimuler, elle reste présente, intrinsèque. Nous sommes dans « L’Ere du Soupçon » de Nathalie Sarraute. Gide se donne pour rôle d’ »inquiéter ». Il devient de plus en plus difficile de définir le rôle de l’écrivain, de l’artiste en général.

Hier je suis allée voir Klein au Centre Pompidou. J’ai eu une forte impression de volonté de performance. Lui aussi veut changer la matière en art. Mais ce n’est pas seulement ça. Lui aussi recherche une révolution artistique. Tout d’abord par la « Révolution bleue », l’ »imprégnation » par la couleur. Puis par l’exploration du « versant immatériel » de l’art (oeuvres différentes, éphémères, autour du vide, du geste, de la parole…). Pour moi tout cela n’est que performance. Conquérir l’espace, maîriser le feu pour l’immobiliser sur la toile, enduire ses modèles de peinture et les faire ramper, c’est vouloir tout contrôler, c’est vouloir l’art tout-puissant, c’est une forme de mégalomanie. Je ne peux pas m’empêcher de rapprocher Klein de Dali. Finalement c’est peut-être ça être artiste. Se croire supérieur. Penser qu’on a quelque chose de plus, à partager, à faire passer. Pour avancer, changer les choses ou non. C’est terrible je n’ai aucune réponse. Pourtant on pourrait en citer tant qui ont fait bouger l’art et même au-delà. Mais est-ce toujours dans la bonne voie? Est-ce avancer ou reculer finalement?

De Baudelaire et de son apprentissage

Nouveauté en littérature française du XIXe siècle, mon professeur de TD nous demande d’apprendre le plus de vers des Fleurs du Mal par coeur ! Première réaction de l’élève moyen trop habitué à ne rien faire: « apprendre par coeur des poèmes? Non mais ça va pas on n’est plus en primaire elle est malade cette prof ! comme si j’avais que ça à faire ! »

Puis aprés réflexion je me suis rendu compte que c’était vraiment une bonne idée, de faire la démarche de choisir n’importe quel texte, pour sa forme, sa taille, son univers, ses mots, son discours, de faire l’effort de le retenir (et finalement c’est trés rapide) et d’avoir en soi quelques mots acérés et puissants pour soutenir l’angoisse.

Quant à expliquer pourquoi avoir choisi tel ou tel poème, expliquer ce qui en fait la beauté, c’est une autre affaire. Car Baudelaire, en tout cas pour moi, ce n’est pas une oeuvre sur laquelle le lecteur innocent peut avoir un regard neutre et froid, et déclarer naïvement que ce sonnet en alexandrins requiert sa force poétique et artistique de la tranfiguration de la boue, de l’horreur en or par le jeu de la métaphore. Non Baudelaire touche nos sentiments. Pour commenter littérairement Baudelaire, je dois me vider entièrement de moi-même, un peu comme plonger dans un roman de Duras. Car tout poème nous ramène à nous, nos amours, nos rêves, nos envies… Si j’ai appris « Harmonie du soir », ce n’est pas pour le jeu ingénieux de reprise des vers 2 et 4, parallélisme entêtant et musical, non j’ai appris « Harmonie du soir » parce que c’est toi, et parce que je suis tombée amoureuse du vers: « Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige ». Et ça je ne pourrais pas l’expliquer. C’est justement cela la puissance des vers de Baudelaire, il frappe, et on aime, parce que c’est beau parce que ça fait mal. Parce que pour Baudelaire Beauté et Douleur sont indissociables, et comme je le comprends ! J’ai appris « La Beauté » (justement) parce que dire « Je suis belle, ô mortels, comme un rêve de pierre », c’est s’élever, se rendre autre le temps d’une récitation. J’ai appris « L’Idéal » parce que moi aussi je rêve de Lady Mac Beth en « rouge idéal ». Enfin, j’ai appris « Les Femmes Damnées » parce que c’est nous.

« Comme un bétail pensif sur le sable couchées,

Elles tournent leurs yeux vers l’horizon des mers,

Et leurs pieds se cherchant et leurs mains rapprochées

Ont de douces langueurs et des frissons amers.

(…)

O Vierges, ô démons, ô monstres, ô martyres,

De la réalité grands esprits contempteurs,

Chercheuses d’infini, dévotes et satyres,

Tantôt pleines de cris, tantôt pleines de pleurs,

 

Vous que dans votre enfer mon âme a poursuivies,

Pauvres soeurs, je vous aime autant que je vous plains,

Pour vos mornes douleurs, vos soifs inassouvies,

Et les urnes d’amour dont vos grands coeurs sont pleins ! »

 

Quand je pense que Baudelaire a failli nommer Les Fleurs du Mal :  Les Lesbiennes ! ! !

Certains tests débiles sur Internet ou autre demandent souvent quel personnalité décédée nous aimerions rencontrer. J’aimerais rencontrer Baudelaire, le remercier pour l’émotion pour l’art pour son enseignement de la Beauté et des sentiments. Je voudrais aussi le remercier pour les lesbiennes et lui dire lui montrer, les temps changent, l’amour avance, les mentalités l’acceptation, regarde-les, ni monstres ni martyres, ni bétail ni soeurs si ce n’est tiennes. Lire la suite

C’est quoi ce b… ?

Plus rien ne va mais alors plus du tout, la Sorbonne tombe en ruines à l’intérieur alors que la façade est magnifiquement et coûteusement ravalée (que de la gueule la plus prestigieuse université française, j’en reparlerai), l’Histoire n’est que néantisation progressive et l’Homme pure force destructrice depuis que j’ai découvert Claude Simon, le fantôme de mon passé m’appelle d’outre-mer pour ne rien dire, j’avoue agir par fierté et comble du comble la présentation de ce blog m’échappe complêtement c’est du grand n’importe quoi et mon sauveur Erasoft s’est déconnecté ! ! !

Peut-il y avoir une solution ? Oui, la procrastination. C’est LA solution à tous mes problèmes existentiels ou un peu moins. Depuis que j’ai découvert ce mot; procrastination, qui enrobe pompeusement et savamment un de mes vices les plus appréciables, j’y ai recours avec beaucoup plus d’enthousiasme et beaucoup moins de mauvaise conscience. Si vous ne connaissez pas le sens de ce mot, laissez-moi me faire le plaisir de vous le définir pompeusement et savamment. Procrastination vient du latin crastinus: du lendemain. Donc, je vous laisse deviner, tendance à tout remettre au lendemain, à ajourner. Résultat je travaillerai demain, je m’occuperai de la police de l’article publicitaire du Prince demain, j’écrirai un article sur la décrépitude dramatique de la Sorbonne demain, je m’inquièterai du sort de l’humanité demain, et enfin je ferai la vaisselle aprés-demain probablement. Mais je sais mettre un nom à ce défaut qui devient par là source de fierté. Ô ressources du langage… Moralité, quitte à être paresseuse, soyons-le avec classe ! !

PUB O’PRINCE

cimg0246.JPGSon altesse s’éveille paresseusement à 11 heures (donc pas question d’aller y avaler un rapide café avant le premier cours matinal), et accueille ses premiers clients (des habitués pour la plupart) avec forces bâillements et étirements, mais toujours avec le sourire. Voici le premier visage du Prince (prononcé à l’anglaise pour les intimes).

Car ce qui caractérise ce Pub, ce sont ses multiples visages. Pas grand, je dirais même plutôt petit quoique et par là-même plus que chaleureux (une seule salle, une vingtaine de tables donc particulièrement bondé certains soirs). Ces certains soirs en question, les soirs d’affluence, le Prince revêt son masque festif. Ce sont les mardis soirs (où le shot vodka aromatisée est à 2 euros), jeudis soirs, soirée concert et bien sûr les week-ends, surtout les samedis où se produit un DJ invité.

En dehors de ces fameuses soirées animées, les soirs du Prince peuvent être calmes ou enjoués, présidés par un charmant serveur philosophe adepte de Brassens et des Têtes Raides, ou le week-end par la serveuse aux charmes non moins remarquables et son R&B à volonté. La journée aussi, le Prince n’en fait qu’à sa tête. Enjoué à l’heure du déjeuner où il attire par ses bons petits plats pas chers (mention spéciale au Croc o’Prince et au cheeseburger cimg0240.JPG), en pleine forme pendant les happy hours de 16 à 19 heures, il semble somnoler dans la torpeur du début d’après-midi, période idéale pour y bouquiner seul ou discuter à plusieurs sans être dérangés.

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Pub 0’Prince, 52 rue Monsieur Le Prince dans le sixième

Café 1,90 euros

Décollage amorcé

Ca y est, je prends mes marques. Nouvel habillage (je ne remercierai jamais assez Erasoft), mise en page… j’ai eu du mal, mais je sens que ça vient. Et oui, je ne m’en étais pas rendu compte, mais c’est du travail ! J’ai du mettre des heures à finir le premier article, plus encore à choisir un thème qui finalement ne convenait pas, trouver un slogan… J’ai fini par m’endormir à quatre heures éreintée et trés énervée. Mais enfin je me retrouve, j’ai même des commentaires que je relis trois fois avec un sourire béat, quel bonheur ! Bon il va peut-être me falloir un peu de temps pour publier de vrais articles, sérieux, construits… Je ne sais pas trop pour l’instant où je vais mais je ne suis pas loin. Soyez patients, soyez indulgents, j’arrive ! ! Que je trouve comment on publie des photos déjà et vous allez voir. Pour l’instant ma priorité est de trouver une tenue correcte pour ce soir (non je ne suis pas si frivole mais il faut toujours assurer), chapeau ou pas ce soir? cravate? jean préféré et tee-shirt neuf préféré, je crois que ça ira. Et manteau d’hiver bien que ce soit compliqué à assumer début novembre mais c’est que je ne sais si vous avez remarqué, la température s’est considérablement refroidie. Nous entrons dans la période Glacière, l’obscurité s’épaissit, mes phrases s’allongent, Damien Rice reprend le contrôle, l’heure est à la mélancolie, ou à l’excitation qui précède les fêtes, oui c’est un peu tôt mais on n’y peut rien, l’hiver est là, je m’éveille aux joies blogesques. Non je sais aucun rapport. 

Bon cet article n’a absolument aucun intérêt, c’est comme ça, j’aime écrire pour ne rien dire. J’aime écrire. Je vous introduirai peut-être bientôt mes créations exceptionnelles, même si ce n’est pas du tout l’objet de ce blog, je crois que je ne vais pas pouvoir m’en empêcher.

Sur ce, je ne suis toujours pas maquillée, il va falloir que je me prépare et donc que je me décolle de l’ordinateur. J’ai tendance à ne pas savoir m’arrêter. Ca promet. Je cultive le retard, il donne un genre négligé, c’est trés à la mode par chez nous, et absolument insupportable. Non un peu de respect un peu de tenue.

Le Prince m’attend, ce qui me fait penser qu’il faut que je vous présente le Prince. A venir.

Comment termine-t-on un article? Il faudrait que je me renseigne là-dessus. Je demanderai à mon maître à penser sur la matière, Erasoft, dont l’éloge admirable ne sera jamais assez puissant.

Ceci était un prélude.

Bon samedi soir.