Sans mais pas semblant

« Mon Dieu Mon Dieu laissez-le moi encore un peu mon amoureux

Un jour deux jours trois jours laissez-le moi encore un peu mon amoureux » … …

chanson de circonstance pendant que tu es sous la douche

moi j’ai les mains qui tremblent je fume et cite la môme

« Même si j’ai tort laissez-le moi encore »

tant pis si on a tort

chanson suivante Mon légionnaire tu vas sortir vite vite je sauvegarde je ferme la page

 

Comment fais-tu Gail mais comment fais-tu en quelques phrases en quelques mots un article que tu balances tant de sentiments tant d’émotions à tous les coups je flanche rires et larmes tu arrives à faire ressentir ressortir toutes cette force dans tes paroles comment fais-tu pour exprimer tout ça?

Moi devant ma page devant mon blog je suis face à un nouveau dilemme je ne sais plus exprimer je ne sais plus dire mes sentiments c’est mon nouveau dilemme blogesque incapable depuis l’ouverture de ce blog d’écrire comme avant d’écrire sur moi pour moi sur word depuis que j’ai la possibilité d’être lue j’écris ici pour être lue c’est tellement grisant mais c’est aussi tellement frutrant je ne peux plus écrire comme avant cracher tous les regrets les remords se contenir retenir pudeur on me lit et on c’est toi c’est elles c’est n’importe qui alors je ne peux pas tout dire. Finie la catharsis des mots brûlants enfoncés dans le clavier les soirs de détresse je suis tombée dans la tentation du lectorat fini le réconfort de l’écriture thérapie maintenant lorsque ça a besoin de sortir je ne sais plus où ni comment le sortir sur word je n’y arrive plus je ne vois plus l’intérêt sur ce blog il faut contrôler les mots les sentiments. Ô vous qui me lisez qui peut-être écrivez méfiez-vous des dangers du blog des risques de l’invresse du lectorat finalement j’aurais dû y réfléchir à deux fois le mal est fait tant pis pour moi tant pis pour vous aussi lecteurs dont l’intérêt en lisant ces mots dépend tant de mon humeur. Je ne peux pas toujours tout contenir.

Désormais comme Pauline Croze je ferai sans car finalement tout n’est pas dépeuplé.

Le Savoir est-il remède au Pouvoir et au Vouloir couple infernal qui conduit nos actes ou non-actes espoirs désespoirs pour une volonté dépendante de nos capacités apprendre voir savoir remède à maladie de l’âme? Relisons Balzac. Comblons ces lacunes dans des amphis bondés. Je n’ai pas tout perdu.

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Et je retournerai au Troisième Lieu pour ce regard.
  

Notes en vrac

« Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé! »

Pauline Croze a donc lu Lamartine.

 

« Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,

Vains objets dont pour moi le charme est envolé?

Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,

Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé! »

Lamartine, Méditations poétiques, « L’Isolement »

 

« Un seul être vous manque et tout est dépeuplé

Un seul être vous manque et tout est dispersé

Je cherche dans la nuit pour m’évader du jour

Qui a mis en lumière ton regard qui me suit »

Pauline Croze, Je ferai sans

 L’alexandrin n’est pas mort. Le lyrisme non plus. Dieu merci. Mais si le lyrisme vit encore à travers la musique, il n’a plus sa place en littérature. En tout cas de moins en moins. Il a fait son temps. Il se retrouve peut-être parfois dans la mauvaise poésie. C’est dommage. Il est né dans la musique, son règne va-t-il s’achever dans cette même discipline, maintenu à l’agonie par les chanteurs et surtout chanteuses modernes? Qu’est devenu le mode d’expression des sentiments par excellence, déprécié, considéré comme affecté, artificiel, surfait?

 Peut-être que Muriel a raison. Pourquoi donc depuis depuis je ne sais plus depuis quand impossible d’écrire une ligne impossible d’aligner trois mots de décider de leur ordre sens valeur? A quoi est due l’inspiration d’où vient-elle? Muriel l’a perdue ce soir incapable de créer des paroles sur son nouveau tube je fuis l’ordinateur ou me plante devant la page me demandant sur quoi de quoi écrire. Des idées parsemées envisagées délaissées oubliées qui me reviennent ce soir en vrac tout ce que je voulais écrire n’ai jamais pris le temps n’ai pas su mettre les mots. Matin vaporeux quai du RER en retard encore. Emplacement stratégique de l’attente pour grapiller quelques minutes au moment de la sortie de l’ouverture des portes. Lassée par l’observation des Parisiens qui m’entourent je lève les yeux. Contemplation. Trois minutes avant l’arrivée du train à regarder un arbre. Sans ciller sans bouger fascinée. Interogation. Au moment où mes yeux sont tombés sur ce bout d’arbre dépassant du quai j’ai voulu en parler sur ce blog non pas en parler je ne sais pas le faire partager. J’ai pensé le prendre en photo. Puis j’ai pensé juste aprés « à quoi bon? » le même problème que pour la cordelette. Il manquera le contexte dans une photo. Une photo qui pourrait montrer un bout de quai un bout d’arbre le martellement des rails le gazoulli des oiseaux oui parce qu’il y avait des oiseaux qui chantaient ce matin-là. Une photo ne saurait exprimer tout cela. Mais moi le saurais-je? Avec juste mes mots mes pauvres mots ma cervelle de moineau tous ces plans toutes ces images dans un coin de ma tête que j’ai tant de mal à ressortir? Une jolie vision. Les branches bercées semblent danser langoureusement le chant des oiseaux anachronique insolite le ciel bleu à en faire mal aux yeux soleil timide qui m’arrache des larmes amères je réalise que la campagne me manque. Puis soudain un vrombrissement sourd lourd parcourt mes muscles mes nerfs tendus train à l’approche déboule me transperce m’applatit contre le mur. L’émotion du RER du métro qui arrive toujours la même depuis trois ans bientôt je suis toujours aussi vierge face à cette arrivée violente qui chamboule mon intérieur. A tous les coups. Je réalise que je suis amoureuse de la ville que je suis amoureuse de Paris cette angoisse ce coeur qui bat à tout rompre les mains moites l’impression d’exister d’être là d’être parmi d’être belle c’est être amoureuse non? Paris je t’aime.

 Phrases longues phrases courtes j’oscille décidément je n’ai pas trouvé mon style