Passage éclair

C’est le grand retour du printemps. Joyeux anniversaire à celle qui ne me lit pas. Joyeux anniversaire je sais bien que tu as autre chose à faire. Joyeux anniversaire à celle à qui j’offrirais la terre entière. Joyeux anniversaire à celle sur qui je n’ai jamais pu écrire. « On n’écrit pas sur ceux qu’on aime, sur ceux qui ne posent pas problème ». Joyeux anniversaire Lauranne.

C’est le grand retour du printemps. Ils rasent les marguerites devant ma fenêtre. Pâquerettes ou marguerites je voudrais pouvoir prier. Lit de fleurs blanches décapitées je ferme les volets. C’est la mort de l’hiver je ne peux plus écrire dans ce printemps enneigé. Prière au Dieu Internet je vais me taire.

Bilan

Le Noctilien empestait l’homme. J’avais presque oublié l’odeur de l’homme. Le parfum de l’homme surtout. Il y en a qui sont beaux. Des hommes. C’est marrant ce soir j’en ai cotoyé. Au Troisième Lieu. J’ai pensé à tous les hommes de ma vie. Ceux de ma famille. Mes amis. Ca alors j’ai mis par réflexe un « e » à amis. Il m’arrive d’oublier les hommes. Pourtant je ne pourrais pas vivre sans eux. Je repense à cette question. Comment on reconnait une lesbienne? Il y a bien la liste de Monique. La définition de Muriel. Les codes selon Flavie. Le gaydar d’Annabelle. Oui mais à quoi c’est dû? Puisque on ne peut décidément pas se passer des hommes. Je pourrais reconnaître une lesbienne entre mille filles. Et je peux te dire que tu l’es. Incapable de dire pourquoi. Il est peut-être un peu tard pour s’attaquer à un tel problème. Trop d’alcool et trop d’émotions. Si en plus il faut réfléchir… Je repense à cette personne au Troisième Lieu (encore et toujours). Femme à barbe et voix masculine. Homme à seins. Entre les deux. Un peu des deux. Transition transformation? « Il y en a qui sont nés comme ça. Ca s’appelle l’androgynie. » Ah.     »Peut-être qu’il s’en fout. »      »Elle ».      « Il ».       Je ne sais pas.

 

« Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige. »

Obsédée par ce vers toute la journée. Pour des rayons brûlants sur la Seine.

 

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 Pour ces rougeurs sur nos visages déshabitués. Ces frissons sur la peau dénudée. C’est le printemps en avance à Paris. Ecole buissonière sur les quais. Encore une fois tout oublier. Parce que la Seine est d’or. Nous avons sauté dedans à pieds joints. J’ai gravé mon nom sur la pierre. Les pieds mouillés. C’est le printemps en avance à Paris. Muriel Robin veste en cuir caméras et micro.

 

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 Toi derrière l’appareil photo. Moi mes lunettes de soleil.

 

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  »Tout est à Lui » à Notre Dame. Ce soir j’ai filmé la mort de la bougie.

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 J’ai passé la meilleure école buissonière de toute ma vie dans ce printemps en avance à Paris.

 

 

La détentrice du briquet jaune

La détentrice du briquet jaune doit pouvoir avoir n’importe quelle fille hantant le marais en un regard. Et elle le sait.

Pour la détentrice du briquet jaune nous avons les mêmes goûts.

La détentrice du briquet jaune a réussi, elle, à trouver du travail après la fac de lettres.

La détentrice du briquet jaune n’est heureusement pas la même personne que son homonyme aux liens si gênants dans la toile de Flavie. Ouf.

La détentrice du briquet jaune présidait notre tablée d’inconnues et ça valait le coup de nous voir nous arracher ses coups d’oeil et rires comme on pouvait quand on pouvait.

Le briquet jaune se marie bien avec mon petit rouge qu’il cotoie depuis hier soir.

Le briquet jaune a changé de détentrice.

Vivement que le briquet jaune et moi retrouvions sa véritable détentrice.

 

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Pour reprendre d’une manière ou d’une autre

Attendant Lauranne sortir du mutisme les mots rechignent à venir… la liste de Monique mêlée à la mienne… merci Monique… j’ai relu Balzac… je suis retournée au Troisième Lieu et ai observé le sas… je chante faux comme une casserole… la morue m’est indifférente j’aime bien la brandade mais la fille.. ce n’est pas la pire il n’y a qu’à lire son blog… j’essaie la méthode feng shui depuis une semaine je ferme la porte de la salle de bain éviter les ondes négatives… je ne sais plus trop par qui je veux être lue ou non éternel dilemme désormais que m’est -il permis d’écrire sachant que j’ai donné l’adresse j’ai donné l’adresse Monique avait raison tellement raison j’aurais dû m’en douter je n’y avais pas pensé devrait peut-être faire comme Gail je découvre la tentation valeur de ma parole juré j’ai juré je n’irai pas facile à dire je n’irai pas je te l’ai dit je n’irai pas rassure-toi je n’irai pas rassure-moi… finalement les sujets d’hier ne sont plus d’actualité ne valent plus la peine d’être écris Feng Shui Balzac Troisième Lieu qui me lit c’était hier tout cela je ne reconnais plus mes mots je ne reconnais plus l’avant je n’ai pas de mémoire hier soir je ne l’ai pas reconnue c’est terrible debout devant moi je ne l’ai pas reconnue regard vide qui ne passe plus le message au cerveau… ces mots qui sont sortis tout seuls… me suis tue trop longtemps… ne sais absolument pas comment terminer cet article qui ne sert à rien qui n’a jamais vraiment commencé sorte de prélude histoire de dire je suis toujours là tellement à dire mais c’est tellement long tellement long pourquoi n’arrive-t-elle pas je n’en peux plus d’être seule je n’aime pas que les gens partent je n’aime pas les attendre je n’aime pas qu’ils ne viennent pas…

Elle est venue j’ai sauvegardé cet article maintenant je ne vois pas l’intérêt de le publier. Cette nuit j’ai rêvé de diptyques. Fille de La Rochelle tu me manques je t’aime. Toujours pas de fin envisageable j’ai complêtement oublié comment écrire. Impression d’avoir tout oublié. Je m’arrête là alors tout simplement.