ça sent la fin

J’ai supprimé la fin de De retour, un peu. J’aimais beaucoup la fin de De retour, un peu mais voilà il y avait allusions à personnes connues et connaissant qui certes n’ont pas encore ma nouvelle adresse mais qu’au moins une aura à mon avis bientôt.

Le blog libre est une illusion.

La toux (toujours la même depuis le corps, mais comme j’ai enlevé la fin…) m’a réveillée encore une fois mais pour une fois j’en profite je peux voir le ciel se dégriser lentement en même temps que mon esprit se désembrume. Les contours de la cathédrale sont plus nets, on distingue quelques bruits urbains. Périgueux s’éveille sans Bernadette, la Vertu n’est plus (certains diront que ce n’est pas nouveau). Personnage emblématique légende périgourdine que cette patronne braillarde et colérique, mais si pleine de charme que tous l’adulent. Probablement la première à croire en moi comme écrivain, une si piètre serveuse se doit d’avoir un talent caché comme justification, aucun sens pratique et continuellement agitée de tremblements, espérons qu’elle sache écrire sinon je ne vois pas trop à quoi elle sera bonne celle-là… Bernadette devait se dire quelque chose dans ce genre-là hier soir ou plutôt tout à l’heure, tout sourire, elle s’en va, on se reverra ma biche, je vous enverrai mon premier roman (finalement ce ne sera peut-être pas un roman mon premier, plutôt un recueil vu où en sont les choses mais bref bref bref), à grands coups de champagne et de pirouettes, d’amende et de hurlements, les Périgourdins Périgordins Pétrocoriens je sais pas et puis je m’en fous dansent dans la Vertu devant la Vertu tout autour de la Vertu pour la dernière fois sur son portrait Bernadette sourit juste devant verre en main Bernadette engueule dernière image d’un « personnage » tout en blanc peinturlurée de noir autour des yeux mais c’est surtout la voix qui reste, l’accent, le volume et la horde d’admirateurs qui s’acharnent pour quelque dernière faveur. Et aussi les clients serveurs dont on reconnait certains visages ça faisait longtemps autre charme de Périgueux, les anciens camarades… Ouais, ftl, vivement dimanche.

Révisions intensives

Parc Gamenson. 16h. Extase.

Arrière-plan. Ce ciel bleu. Seulement bleu. Luisant. Eclatant.

Pas un souffle.

Semblant s’en détacher

trois arbres

feuilles rousses, vertes, grises

immobilité totale.

Comme cloués sur la toile bleue par la chaleur. Lourds. Ruisselants.

Ce qui frappe

cette absence totale de mouvement

une photographie brillante banale qui s’éternise

écrasée par la chaleur l’image perdure brille de plus en plus

scintille de sueur.

Et puis ailleurs tout près mais on se demande où

des voix.

Des petites vieilles

un couple

l’animateur du concours de pétanque voix amplifiée surréaliste que j’ai du mal à identifier

les klaxons des voitures endimanchées pour le mariage.

Tout cela comme élément du décor

tout cela comme découlant directement de la chaleur. brutale. surpuissante.

La vengeance du soleil qui peut enfin tout ensevelir

il est là le soleil juste au-dessus ce qui fait que je ne peux pas lever la tête

que je baisse les yeux

que mon bras brille.

Soleil qui ce matin faisait sourire tout l’hôtel

cette femme si élégante riant du chat lui parlant lui indiquant où s’était réfugiée sa proie

se cachant de son mari

mon insurmontable pitié à l’encontre de ce vers de terre exilé au milieu du parking

(un peu comme un vers central, un vers clé d’un poème, où « pitié » ne s’applique finalement pas au vers de terre, polysémie, mais ça on ne s’en rend compte que plus tard, à la relecture, à la réflexion)

Soleil toi qui donne à l’été son caractère sacré

enfantin

Soleil chaleur évennement en soi

tu te suffis

tu me suffis.

Un souffle de vent. Mouvement. Retour à la réalité.

Un peu plus tard à la Vertu, Guillevic, Art poétique, deux poèmes m’interpellent:

p.275

« Ce soleil dans le ciel,

C’est toi qui l’a plaqué

Au-dessus de l’horizon.

Tu l’as inventé,

Tu l’as projeté,

Tu le nourris.

Il t’éclaire,

Il te chauffe.

La journée

Sera bonne. »

Puis, p.294:

« Forcé d’écrire?

Je n’en ai pas envie.

J’aimerais

Rester là, immobile,

A regarder le ciel,

Il n’y a pas plus bleu,

Et de temps en temps

L’horizon et ses approches.

Je voudrais

Me passer des mots. »

(Con de blog comme dirait Muriel je n’arrive pas à sauter les lignes, aucun respect des strophes.)

Cette adéquation parfaite… J’écris comme Guillevic…Extase, c’est un peu du Guillevic…

Pourquoi c’est venu en pleine lecture de Guillevic? Simple concours de circonstance? Hasard? Ou influence? Plagiat? Doù vient l’écriture alors? De la lecture ou de l’extase?

De retour, un peu

Fin de l’ère glacière comme si certains tournants de ma vie devaient être matérialisés par quelque chose de concret de visible, coupe de cheveux, nouvel habillage de blog, perte d’objets fétiches en général rien ne change je ne change pas brutalement ne passe pas d’un coup à un nouveau comportement mais un petit détail se transforme définitivement volontairement ou pas lié ou pas conscient ou pas un petit détail pas vraiment insignifiant une page s’est tournée il faut croire peut-être une manière indirecte d’accepter d’assumer.

Mais qu’est-ce que je raconte je ne change pas absolument pas désespérément pas le cadre d’écriture des articles de ce foutu blog m’étouffe j’ai besoin de plus d’espace (j’ai bien failli écrire « espoir » ça aurait fait un lapsus détonnant) pour déverser ma verve j’ai comme une envie dérangeante d’hurler autrement différemment plus franchement plus violemment comme Gail dans cette grande place dont je ne me rappelle plus le nom debout sur un mini banc de pierre entourée de voitures en sortant de chez le coiffeur à deux pas de la Seine j’attendais à distance pendant qu’elle se vidait mais je ne sais pas faire cela je broie mes mains l’une contre l’autre en respirant lentement je martèle le clavier je trifouille ma masse capillaire je décapsule une autre bière j’allume une autre cigarette mais je ne crie pas.

Je l’ai tellement attendu ce « nouveau blog » juste un petit changement dans l’adresse en fait de glacière à tolbiac pour qu’on ne puisse plus me lire et encore ça ne va sûrement pas durer longtemps juste l’illusion de me sentir libre quelques temps pour pouvoir écrire sans me soucier de ceux qui me lisent je me disais quel soulagement pouvoir écrire tout ce que je veux comme je veux et maintenant maintenant hein? Maintenant que je l’ai… Ouais, c’est pas si faux, l’attente l’espérance est toujours plus attrayante plus excitante que la possesion. Ca y est l’objet de mes désirs est entre mes mains, l’article libre, LIBRE !!!  Et je ne sais pas quoi en faire. Comme un gosse devant un étalage de bonbons tant convoités il ne sait où se servir pour commencer, comme devant une fille trop attendue idéalisée. Je crois qu’aujourd’hui c’est l’anniversaire de C. aujourd’hui ou hier peut-être. C. est un être idéalisé tiens justement. Je ne pense pas à elle en tant que personne réelle existante vivant travaillant dans cette même ville où je passe mon été dont j’ai le numéro que je pourrais contacter voir à qui je pourrais parler non depuis le lycée C. vit différemment dans mes rêves et dans la réalité rare personne qui a un tel pouvoir sur moi mais je m’égare c’est peut-être là aussi ce que je voulais dans ce nouveau blog « libre », pouvoir suivre le cours de mes pensées sans craindre les conséquences.