Les effets du temps acte II j’y reviens j’ai trouvé bien que je ne sois pas du tout sûre que ce soit positif j’ai réalisé hier soir qu’un tout petit quelque chose en moi avait changé; je n’ai plus envie de draguer la-serveuse-canon du bar du marais, de n’importe quel bar. La « blondasse » mignonne qui irait si bien avec moi (paraît-il), qui tourne autour de nous depuis tout à l’heure (paraît-il), qui n’a d’yeux que pour moi (paraît-il paraît-il paraît-il) ne m’intéresse pas. C’est terrible. Je vieillis. Pourtant j’ai essayé je me suis prise au jeu débile et ridicule (plus jamais d’ailleurs je préviens) de mes amies débiles et ridicules (non non je ne leur en ai pas voulu du tout) assoiffées de divertissement et d’animation (c’est moi ça c’est mon rôle) et poussée à bout par les encouragements de plus en plus fréquents et bruyants je suis allée demander une feuille et un stylo c’est original c’est intelligent sourire de pure forme pas un regard pas de noeud à l’estomac j’expédie »il s’appelle reviens » ridicule ridicule ridicule. A ce moment là une anecdote débile et ridicule mais somme toute anodine se transforme grâce à l’impulsivité de l’imbécile en face de moi en tragédie grotesque. Parce qu’il a bien fallu en faire quelque chose de ce papier et ce stylo, « trouver quelque chose à écrire dessus: 06089145baisemoi » je fais passer interception l’idée du siècle: « ahhhhh!!!!! faut le montrer à Annabelle!!!!!! (table juste derrière) Annabelle!!!!! tiens!!!!!! » badaboum patatras l’imbécile (je ne cite pas mais ça me démange) donne le papier à Annabelle je m’aperçois avec horreur que la serveuse-canon évidemment est en train de lui parler tout le monde se rue sur le numéro faussé qui Dieu merci n’est pas le mien maigre consolation fou rire général (enfin c’est surtout l’impulsive que tout ça fait rire) ainsi se termine ma dernière tentative d’amuser la galerie en endossant un costume postiche dans lequel je ne rentre pas. Plus. Je n’ai plus vingt ans. (hé hé j’ai réussi à la caser celle-là c’est vrai que ça fait plaisir). Le mythe de la serveuse, de la jolie fille rencontrée recherchée abordée draguée je n’en veux plus je veux plus. Je ne colle plus à la réputation de Don Juan qu’on m’a imposée d’ailleurs je pense que je n’en ai jamais été vraiment digne je suis bien trop sentimentale. Va falloir songer à trouver un autre personnage… Merci à mes imbéciles d’amies que j’aime pour la prise de conscience.
Archives mensuelles : septembre 2007
Trois
Il n’est pas trop tard j’espère pour parler de ce dont il est si difficile de parler, en tout cas pour moi. Assez attendu, tergiversé, on commence (suivant la consigne) à parler de ce que l’on sait. Qui était tellement restreint, diffus et erroné que j’ai fait quelques recherches (ça rassure la connaissance). Pour cela j’ai posé plein de questions à ma référence médicale (pas seulement médicale mais là n’est pas la question) dans son nouvel appartement, elle m’a fait d’obscurs dessins sur de petits post-it oranges et m’a parlé de démyélinisation encéphale, de périodes on et off (jusque là ça va), de nystagmus, d’ataxie et de dysarthrie entre autres. Puis je suis allée faire un tour sur 
- La sclérose en plaques est donc une maladie auto-immune plus ou moins génétique dont le déclenchement peut être provoqué par une agression nerveuse, elle apparaît donc assez tard, rarement chez l’enfant.
- C’est une maladie imprévisible, caractérisée par des poussées, des « crises » qui peuvent être éloignées, difficile à diagnostiquer et à traiter (doux euphémisme pour incurable).
- La démyélinisation perturbe le message nerveux de l’encéphale via la moelle épinière, ce qui provoque les troubles nerveux correspondant aux noms barbares cités plus haut.
- Moi avant, à part la vision de plaques rouges envahissant le corps (image fausse), j’associais sclérose en plaques à l’adjectif sclérosé(e). Mais sclérosé ne signifie pas forcément malade, plutôt qui n’évolue plus. Alors du coup je me dis que le sens de l’adjectif certes dérivé a quand même évolué justement, non?
- Combien de temps (en gros) la maladie met-elle à agir plus, euh, (oh que je n’aime pas ça), de manière visible?
- La sclérose en plaques a-t-elle la chance d’être un jour curable grâce aux progrés de la médecine?
Petites précisions pour terminer cette chaîne a été lancée par L’artefact et m’a été transmise par Aurele. Je la fais passer de mon côté à Gail, Erasoft et Love Minus Zero.
Passage en force
Dilemme cartésien dimanche matin pour Monsieur le Maire de Périgueux lors de la traversée du nouveau carrefour devant la tour de Vésone durant son footing. Klaxonné par un petit vieux cheveux et renault blancs qui s’est arrêté en plein milieu dudit carrefour dans un état d’intense excitation, il a hésité quelques instants, exécuté de mignons petits pas de danse, effectué un grand signe de la main et continué son chemin. Consternation sur le carrefour, c’est à dire le chauffeur délaissé et moi qu’il a failli écraser tout à son émotion. Que s’est-il passé? Le coureur a-t-il eu peur de couper son rythme? Espérait-il passer inaperçu et incognito à cet endroit habituellement désert un tel moment? N’a-t-il pas su s’il devait se comporter plutôt en maire ou en ministre de l’éducation, le footing étant une activité politique hautement reconnue (mais qu’il pratique déjà depuis longtemps, je l’ai doublé pendant des années sur le canal)? N’a-t-il tout simplement pas reconnu le chauffard? Pourquoi un tel trouble? Toujours est-il qu’il a peut-être perdu un électeur, qui sait un important soutien, et failli provoquer un accident évènement.
Choc esthétique ce matin en passant sur un blog. Une personne qui écrit bien, qui écrit même trés bien, pas trés jeune (je veux dire par là pas une ado, ce qui pourrait éventuellement la justifier, mais bien la trentaine ou quelque chose comme ça et là aucune excuse), apparemment cultivée et intelligente, et dont le blog est à mon avis attrayant et réussi a utilisé je ne comprends pas comment ni pourquoi une expression vulgaire et moche généralement utilisée par les ados justement ou les rappeurs à la rigueur. Et pas qu’une seule fois! Une bonne dizaine de fois dans le même article! Horreur! J’ai été agitée de tics nerveux pendant toute la lecture de cet article à chaque fois que mon regard était écorché par cette affreuse expression. Mais pourquoi pourquoi quel dommage j’avoue que ça me dépasse et surtout ça me dérange. J’en vois déjà qui me diraient qu’elle décrit un état difficile à décrire encore plus à nommer et assez intense pour excuser un tel emploi mais je ne suis pas d’accord c’est justement dans ces cas-là que le choix des mots est le plus important.
J’ai comme l’impression que l’été n’a pas été bénéfique pour tout le monde à Paris ou ailleurs, je commence sérieusement à douter des vertus des vacances en écoutant hébétée un entourage plus ou moins proche sérieusement dépressif où tout fout le camp à tel point qu’on pourrait croire à un effet de mode. Et moi qui devrait être à la bibliothèque je désespère de ne pas être désespérée de ne pas y être, ni surprise, et constate amèrement que le temps n’a pas l’effet attendu, qu’il ne sert même à rien du tout si ce n’est à peine une petite pause contenant beaucoup de rêves qui s’écroulent bien trop vite. Je commence à comprendre pourquoi ce fameux temps obsède tant les poètes. Encore une fois je pourrais reprendre à mon actif le cri du coeur de Flavie, « c’est la merde », c’est même carrément la catastrophe, alors je me défoule sur une malheureuse expression même si je sais bien que la mienne est largement autant sinon plus critiquable mais c’est pas pareil, c’est la mienne.