J’ai acheté des amis sur Facebook, j’ai fait la vaisselle, j’ai écouté de la musique vierge de souvenir, j’ai acheté de quoi tenir un siège et nourrir tout Paris, j’ai rétablit les liens de ma blogoliste, j’ai essayé sans succés de télécharger le dernier épisode de The L Word, je cherche, je cherche, j’espère encore trouver l’inutile à faire dans le temps imparti avant l’heure fatidique où je devrai me rendre à la fac un poème sur l’eau en poche. Plus qu’une heure. Une heure à occuper autrement qu’en me plantant devant une page de word pour me retrouver vulnérable à l’assaut des pensées que je fuis soigneusement depuis ce retour à Paris. Un peu trop vulnérable. Eviter de me lancer sur une description des gouttes qui ruissellent sur mon corps en sortant de la douche dans la salle de bains embuée. Ces gouttes qui s’attardent en glissant sur un corps resté trop longtemps couché, enfermé, que j’aimerais bien voir, sentir pourrir tout doucement. Eviter de laisser les phrases que ma satanée mémoire sélectionne se matérialiser sur l’écran. Plus mal foutue comme mémoire je ne vois pas, retient, grave plutôt toute connerie sentimentale que l’alcool généralement efface chez beaucoup et oublie joyeusement toute connaissance intéressante qui pourrait servir. Trompeuse aussi elle me fait croire à l’oubli bienheureux et hop fait ressurgir brutalement les vieilles rancunes les vieilles blessures. Eviter aussi de n’avoir plus rien à faire que les indispensables les obligatoires, ce qu’il faut faire, absolument, urgemment. Alors un article ici c’est tout ce que j’ai trouvé. Depuis le temps que je l’évitais tout aussi soigneusement ce blog. J’avais oublié à quel point c’est bon d’écrire pour autre chose qu’un atelier, sur un sujet non imposé. Aucun sujet du tout d’ailleurs. Plutôt un non-sujet, contourner les véritables sujets, les véritables raisons qui poussent à écrire. Me demande si on ne dit pas plus sans dire vraiment, on signifie, on suggère, justement là où l’on voile. Joies de l’ellipse.
Mission accomplie, il est trop tard pour aller en cours.
Il va bien falloir un jour sortir d’ici pour se rendre ailleurs qu’au café d’à côté.