Un petit coup de pub

Retour sur ce que j’ai dit précédemment:

Le poisson noir est mort, le rouge survit miraculeusement.

Un nouveau catalague trône dans les toilettes; Ideat.

Mon cher administrateur-enfanteur a tenté quelque-chose pour les spams qui se sont raréfiés pendant trois jours, maintenant tout mon pardon notre bâtard est en anglais, oui je sais j’ai l’habitude avec Facebook.

La statue terrifiante devant la Sorbonne n’était pas seule, tout le quartier en est envahi jusqu’au Panthéon, les monstres hybrides étalent leur nudité sur les trottoirs universitaires.

Vous avez tous bien entendu dévoré Le Journal de la création de Nancy Huston depuis que j’en ai parlé (mon Dieu c’est exactement la phrase d’un de mes professeurs aujourd’hui, sur une cinquantaine d’étudiants trois seulement avaient lu Gilles de Drieu La Rochelle, personnellement Le Feu follet m’avait suffit), et bien je suis toujours poursuivie par ces couples d’artistes, et comme je ne désespère pas de votre bonne volonté, je vous conseille cette pièce, la première était ce soir, trés bonne découverte:

Fera-t-il beau demain?

de Claire Payen-Schweitzer et Hélène Schweitzer

avec Hélène Schweitzer et Juan Loaiza

mise en scène de Hélène Lebarbier

à la Folie Théâtre

6 rue de la Folie-Méricourt métro Saint-Ambroise.

Tout est juste et fait sens, la relation entre l’écrivain (Nancy Huston encore et toujours prône « l’écrivaine » je n’y arrive pas) et le peintre, la thèse sur « la virgule chez Claude Simon », les messages des mères sur les répondeurs… C’est drôle, c’est émouvant, ça se joue jusqu’au 4 janvier du jeudi au samedi à 20H30 et le dimanche à 16H30.

Sur ce je vais me plonger dans mon petit Wilt 3, ah oui, j’oubliais, je vous recommande (en changeant de terme) la lecture de Tom Sharpe, Wilt 1, 2, 3 et 4 si vous avez envie de rire.

Un peu alambiqué tout ça

Assaillie d’une centaine de spams en une dizaine d’heures, comme si mon petit bâtard m’adressait mille signes désespérés pour que je lui accorde quelque attention, enfant délaissé enfant d’un père administratif d’une mère créatrice qui se sont aimés qui ont conçu ce fils qui refuse de crever. Dont le mariage n’aura pas lieu. Un mariage qui s’éloigne s’impossible quand d’autres réservent le Lieu pour célébrer leur union ou se déchirent sur un trottoir oubliant les projets d’enfants. Mon frère si fier cuisinant la belle dorade du marché pour ma future belle-sœur dans ses pantoufles neuves. Ils se battent s’impliquent s’interrogent s’engagent sautent dans les flaques main dans la main. Ils sont deux malgré les disputes ils s’aiment. Je me bats m’implique m’interroge devant mon écran un album d’adolescence dans le lecteur sur mon incapacité à mebattre-m’interroger-m’impliquer sur ces relations qui finissent par des points de suspension. L’absence soudaine et l’engagement à la recherche à la bibliothèque à ce satané sujet de mémoire. L’absence samedi soir des colocataires partis dans le marais dans l’appartement vide j’enfume les poissons qui cherchent l’oxygène à la surface dédaignant les cailloux les plantes Ikea ils s’arrachent le catalogue j’arrache les cheveux blancs c’était donc une rupture. J’ai sauvé ma dignité qu’elles disent j’ai recouvré ma liberté je vais au cinéma sans l’attendre. Au téléphone aux revendications des aimées/aimant je ne réponds pas qu’elle manque. Au café des jours heureux ils rient feignent la surprise me demandent son numéro je vais chercher un verre encore. Demain j’étalerai les livres que je suis seule à confronter sur un coin de table vide, je décortiquerai les amours des autres, Lol, Anne-Marie, Tatiana, ce malheureux vice-consul, le chant de la mendiante, Bernard, Josée, Dominique, Cécile, je mélangerai les personnages d’India Song à ceux de Dans un mois, dans un an, Duras m’agacera Sagan m’attendrira ou l’inverse je ne sais plus je trouverai le Lieu commun le Moment de la création. Et comme Virginia Woolf il me faut trouver une « péroraison » à ces divagations, parlerais-je aussi d’une hypothétique soeur poète inaccomplie suicidée de Shakespeare, soeur ressuscitée en moi poète à mi-temps mais vivant pour la mémoire d’Anne-Marie dont j’éluciderai la mort.