Puisqu’ils sont tous en vacances… Quasiment 2 semaines sans aucune nouvelle de Girls and geeks, difficile à vivre… Heureusement, il y a deux jours La Meuf a fait un retour fracassant qui valait bien l’attente scandaleuse. Puis, la découverte de la nouvelle Simone m’aide à patienter. Mais bon, tout de même, juin – juillet, ça fait mal, je suis sérieusement en manque. Et comme ma santé mentale laisse à désirer en ce moment, j’ai décidé de le combler moi-même, ce manque. Avec de la ponctuation. Et de l’interactivité (je vous encourage vigoureusement à cliquer sur les liens, c’est pas du temps perdu). Les grand moyens, carrément.
Alors d’abord, le roman du moment : Longtemps, je me suis couché de bonne heure de Jean-Pierre Gattégno. Vous vous en doutez, je l’ai pris juste pour le titre. J’avais 5 minutes avant la fermeture de la bibliothèque (c’est scandaleux les horaires d’ouverture des bibliothèques, pile poil mes horaires de boulot, tiens donc), je suis tombée là-dessus dans les coups de cœur. Première réaction ; putain mais quel connard, comment peut-on oser pondre un titre pareil, non mais quelle prétention ! Puis, évidemment c’est dans la nature, enfin la mienne, comme ça m’agace, ça m’intrigue, et ça m’attire, alors je le veux, je le prends. Pas déçue, pour le coup.
« Ceci est l’histoire d’une grâce. Au sens pascalien du terme. Une grâce accordée à quelques élus qui peuvent la perdre ou la garder. C’est selon. Elle est échue à un mauvais garçon, inculte et sans envergure. Le genre de menu fretin que l’on rencontre dans les arrière-salles de l’existence. C’est d’ailleurs là que l’on rencontre le plus de monde. Mais voilà que ce mauvais garçon découvre qu’il y a les livres et les femmes. Là est sa grâce. C’est donc une histoire optimiste. Quand le menu fretin se met à découvrir les livres, les auteurs ont toutes les raisons de se réjouir. Les femmes aussi. »
En parlant de livres et de femmes, un petit aperçu de mon dimanche :

Poulet rôti du marché et Télérama en retard (Télérama, l’amour de ma vie). Sur fond de Vincent Delerm (autre amour de ma vie).
Quand il fait beau à Paris c’est un scandale de rester chez soi, tous les dimanches on me fait la réflexion, on s’esclaffe, on s’étrangle, mais dehors, moi j’aime pas tellement, trop de monde partout, chez moi aussi, le soleil brille, bien plus fort et bien plus beau, un peu comme à Lille, dans nos cœurs. Sentimentalisme dû à la bouteille de rosé sur la table. Ou à mon état d’esprit depuis un mois. Je réfute d’avance les arguments de ceux qui avanceront que depuis un mois, c’est discutable. Sentimentalisme qui nourrit ma nouvelle passion inconsidérée pour une des chansons du nouvel album de Zaza Fournier : Maman. Zaza Fournier, c’est celle qui a écrit la plus belle chanson du monde : Mademoiselle. Et qui a surpris tout le monde avec Maman. Zaza Fournier, elle est drôle et légère, accordéon rock and roll. « Maman, je t’aime tant », forcément ça choque un peu. Au début de la chanson, on se demande à quel instant elle va bifurquer l’air de rien vers le second degré mais non, alors c’est l’ébahissement, un peu comme le titre piqué à Proust, on n’en revient pas qu’elle ose, jusqu’au bout, assumer sa déclaration. Une grosse claque, comme disent les jeunes. En fait, c’est ambivalent, les chansons d’amour à la mère. Ambivalent parce que coloré de culpabilité. Comme si on ne pouvait pas s’empêcher de demander pardon en même temps. Pas comme le tatouage sur le bras des bikers. Les artistes, c’est plutôt, Maman je t’aime, pardonne-moi d’avoir vieilli, d’avoir changé, de faire des bêtises, de te décevoir. Zaza aussi le dit, « j’avais le cœur si innocent… On change tant… » La mère, elle vit à travers nous, tout ça c’est à cause d’elle, mais sa souffrance, c’est à cause de nous et c’est insupportable. C’est marrant, en ce moment la souffrance de ma mère de dépend pas de moi et je redeviens un embryon inutile et impuissant. Pour les artistes une chanson sur la mère c’est juste une chanson intime sur soi-même. Ta mère vieillit et ne sera pas toujours là pour t’emmerder avec la mutuelle. Alors tu te démènes et tu cris regarde-moi ! Comme cette chanson qui m’a hantée pendant des années et que si quelqu’un me la retrouve, je lui offre un an d’abonnement à Télérama, ça dit « Maman, je suis une bête à la tête dure. Maman, ça coule le long des murs ». Et puis récemment j’ai réécouté les Spice Girls. « Mama, I love you » En fait, il y en a des tonnes de chansons comme ça venues de nulle part là où on s’y attend le moins, et je suis passée totalement à côté. J’étais ado. Merde, je vieillis.